Le numérique en santé s’est imposé à marche forcée en France. Avec le Ségur du numérique (lancé en 2020), Mon espace santé, la dématérialisation du Dossier Médical Partagé (DMP) ou encore l’e-prescription appelée à devenir la norme, difficile d’y échapper.
Face à la multiplicité des outils, les besoins de formation sont immenses, mais aussi très différenciés selon les profils : médecin libéral, infirmier salarié, pharmacien, sage-femme, coordinateur en structure médico-sociale, etc.
Au-delà des grandes offres nationales, ce sont souvent les dispositifs de terrain qui marquent la différence en Ardèche et alentour.
Dans les territoires ruraux, la formation doit aussi composer avec moins de ressources, un accès fluctuant au très haut débit, et une variété de logiciels. Voici quelques réponses déployées localement :
| Format | Atout principal | Limite identifiée |
|---|---|---|
| Webinaires courts (45 à 90 min) | Flexibilité, pas besoin de déplacement, réponse rapide à une nouveauté | Peu d’interactivité, difficulté à traiter les cas pratiques complexes |
| Ateliers pratiques en petit groupe | Apprentissage contextualisé, réponses personnalisées | Demande une organisation locale (salle, temps de libération) |
| Formations terrain (coaching & tutorat sur site) | Fort taux d’appropriation, focus sur le poste de travail réel | Mobilisation lourde de formateurs compétents |
| E-learning asynchrone | Accessibilité à toute heure, révision possible a posteriori | Risque d’isolement, taux d’abandon parfois élevé sans volet pratique |
Plusieurs bonnes pratiques émergent sur le terrain, en Ardèche comme ailleurs :
Les initiatives émergentes, comme l’expérimentation menée en 2023 par la CPTS du Rhône Sud, proposant à chaque nouveau professionnel un tutorat numérique de six semaines post-installation, affichent un taux de satisfaction de 89 % et un maintien dans l’usage du DMP doublé par rapport à la moyenne régionale (source : ARS AuRA).
Le chantier reste immense. En 2024, l’idée d’un « socle numérique en santé » obligatoire pour tous s’impose peu à peu dans les débats institutionnels. L’enjeu : ne pas laisser certains pans du territoire ou certaines professions à la marge du virage numérique. C’est aussi une piste prioritaire du Conseil National du Numérique en Santé (CNNS), qui évoque notamment :
Accompagner la montée en compétences numériques, c’est surtout permettre à tous les professionnels, quels que soient leur âge, leur lieu d’exercice ou leur spécialité, d’être des acteurs sereins des mutations en cours. Favoriser la qualité du soin passe désormais, et indissociablement, par la qualité du numérique quotidien.
Pour en savoir plus :